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Ancien 18/10/2010, 19h31
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Par défaut La ville positive
La ville positive : sur quels sites peut se développer une ville positive ?
Rodolphe Deborre | 18/10/2010 | 11:28 | Territoire

http://www.lemoniteur.fr/191-territo...ville-positive
© Viktoria Henriksson
Le quartier Hammarby, au Sud de Stockholm, élue « Capitale verte de l'Europe », en 2010, par la commission européenne


Rodolphe Deborre, directeur associé de BeCitizen, société de conseil stratégique en développement durable, pense que l'urbanisme peut réparer l'environnement. Tous les quinze jours, sur LeMoniteur.fr, il tente de définir ce que doit être la ville de demain.




SUR LE MÊME SUJET
La ville positive : un concept simple pour permettre aux villes de restaurer l'environnement


La ville positive est une ville dont la performance écologique est telle qu'elle répare l'environnement : production de ressources renouvelables, dépollution de l'eau, création de biodiversité, production nette d'énergie renouvelable, amélioration de la santé et de la qualité de vie, stockage de carbone. Sa performance sociale et économique s'en trouvera améliorée. Voyons en quoi le choix du site et son aménagement peut être primordial pour une ville positive.

Une ville positive reconstruit une ville
A l'origine, les villes sont toutes venues en remplacement d'un espace naturel. En France, les villes représentaient en 2008 5% du territoire national, soit 400m² environ par habitants. La ville a altéré voire supprimé la biodiversité qui se trouvait sur le site. La ville a également imperméabilisé et fragmenté l'espace naturel. Même l'écoville de Masdar, aux Emirats Arabes Unis, pourtant l'un des projets les plus ambitieux d'un point de vue énergétique substitue depuis 2008 un vaste territoire naturel à une ville nouvelle.
La ville positive a notamment pour objet de créer ou maintenir de la biodiversité. La ville positive doit donc se construire sur des espaces urbains existants, ou mieux, sur des morceaux de villes inhabités en friches (friches portuaires, industrielles, militaires). C'était déjà le cas à Fribourg où le fameux quartier Vauban, du nom de la caserne abandonnée par l'armée française au début des années 90, a été rebâti sans artificialiser le moindre espace naturel supplémentaire. C'est également le cas pour les quartiers Confluence de Lyon ou de Bonne à Grenoble qui ont remis en circulation des morceaux de villes existants. Bâtir une ville positive, c'est d'abord reconstruire la ville sur elle-même.
Bâtir une ville positive, c'est également valoriser le sol comme ressource rare et précieuse. Il faut donc bâtir dense. Les centres villes historiques, certains centres de villes nouvelles (Val d'Europe, à Marne La Vallée notamment) démontrent qu'on peut atteindre à la fois une densité importante, un niveau de vie élevé, une création de valeur économique importante et une qualité de vie agréable à condition d'avoir planifié une densité agréable.

Une ville positive pour l'homme
Nos villes sont aujourd'hui dépendantes de la voiture. Pourtant l'impact écologique direct (pollution, bruit, imperméabilisation liées aux infrastructures) et sociologique (sécurité, stress, pertes de temps) des transports quotidiens semble dépasser aujourd'hui la raison d'être du véhicule individuel : la liberté de se déplacer. Les transports seraient responsables de 25% des émissions de gaz à effet de serre. On compterait souvent plus de 20m² d'infrastructure routière par habitants dans les villes peu denses. Il n'est plus rare qu'un ménage dispose de trois véhicules. Chaque jour en Ile de France, 70% des gens quittent l'agglomération dans laquelle ils habitent pour aller travailler dans une autre ville, trajet effectué généralement en voiture.
La ville positive doit maximiser les opportunités pour que la population qui y vit et travaille devienne moins dépendante de l'usage d'un véhicule individuel. C'est quasiment déjà le cas pour un étudiant toulousain qui se logerait et travaillerait en centre ville, et se déplacerait en métro ou à bicyclette. Ce serait également le cas d'un agriculteur périurbain, autonome alimentairement et qui vendrait ses produits dans les environs. Ce n'est pas du tout le cas pour les lotissements dortoirs pavillonnaires qui se sont développés en masse ces cinquante dernières années. La ville positive est la ville de la courte distance : on peut aller partout et presque tout trouver en moins de 30 minutes à pied. Y vivre couterait moins cher que de dépendre systématiquement de la voiture individuelle.
Transformer la ville en ville positive nécessite de mettre en œuvre les moyens pour réduire le besoin de transport longue distance mais également pour rendre séduisante la mobilité douce. Réduire le besoin de transport longue distance signifie rendre plus proches les besoins de vie des habitants : commerces, loisirs, équipements scolaires, emplois... Rendre séduisante la mobilité douce signifie à la fois développer des réseaux piétons ou cyclistes sûrs, confortables, agréables. C'est également planifier longtemps à l'avance des zones 30 et des réductions des places de stationnements. Dans une ville positive, il est plus facile de se déplacer à pied que de se déplacer en voiture. Cette réduction planifiée de la superficie des infrastructures liées à la voiture libère ainsi de nouveaux espaces urbains à valoriser.
Pour y parvenir, il semble indispensable que les élus locaux développent sur plusieurs dizaines d'années une vision du territoire pour les piétons en fonction de l'ensemble des contraintes d'évolution de ce même territoire et de sa population. Une fois le but à atteindre clair, il devient possible de mettre en œuvre les jalons progressifs de moins dépendance à la voiture individuelle. Celle-ci restera bien entendu utile pour les transports de plus longue distance, entre villes par exemple, aux cotés de transports en communs rentables car allant de zone dense à une autre zone dense.

Quelle place pour l'agriculture dans la ville positive ?
Selon une étude Ekopolis, les céréales et fruits et légumes « de saisons » consommés en Ile de France proviennent en moyenne d'un rayon 150 km, 1000 km pour la viande, au-delà pour toute autre denrée alimentaire. Il serait possible, en réintroduisant l'agriculture périurbaine de produire au moins 20% de cette consommation alimentaire à moins de quelques dizaines de km. Il y a donc un intérêt vivrier à faire revenir l'agriculture en périphérie des villes.
Mis à part les vendanges de Montmartre et les ruches de l'Opéra Garnier, l'agriculture ne semble guère avoir de place en centre ville historique des villes. En revanche, en périphérie des villes, la ville positive peut valoriser autant que possible les espaces verts en espaces de production agricole. On peut ainsi viser au moins 80% des espaces verts en espaces agricoles productifs, au service des circuits courts du territoire. Ces espaces agro urbains peuvent être traités de manière durable.
Le succès croissant des AMAP dans les grandes agglomérations françaises témoigne de l'intérêt social et économique de ce retour à l'agriculture de proximité.
Les bénéfices de cette agriculture urbaine durable apparaissent très nombreux : amélioration de la qualité de vie par reconnexion des habitants à la terre, amélioration du sol et de la biodiversité, approvisionnement plus court de produits maraichers, emploi local, utilisation du compost issu des déchets organiques de la ville.

Transformer les villes existantes vers des villes positives
En conclusion, le choix du site et l'organisation urbaine de la ville positive permet à la ville existante de se régénérer. Cela exige une vision politique à long terme du territoire à atteindre, tout du moins de ses performances et de ses limites. Cela exige aussi une mise en œuvre progressive des solutions en accompagnant les changements de mentalités héritières des développements urbains négatifs de ces 50 à 100 dernières années. Cette évolution souhaitable des villes d'aujourd'hui vers des villes positives ne coute pas forcément plus cher à la collectivité que les aménagements réalisés de ces 50 dernières années.

Une ville dense et agréable, riche de son histoire, bordée de zones de productions agricoles locales, peuplées de commerces, services de proximités, connectées aux territoires voisins par des transports collectifs agréables ne serait elle pas attractive demain pour les populations et les entreprises ?

Prochain épisode : La ville positive : A quelles conditions les villes peuvent elles produire de l'énergie renouvelable ?



Rodolphe Deborre | Source LE MONITEUR.FR
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