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Ancien 28/11/2010, 11h39
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© Tristan Deschamps photographe- Prd•2010
L'immeuble de bureaux « Bonne énergie » à la tombée de la nuit


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A Grenoble, un immeuble à énergie positive va passer son premier hiver
Eric Leysens | 25/11/2010 | 10:38 | Bâtiment

"Syndrome de l'Institut du monde arabe", "solidarité retrouvée sur le chantier", "citoyenneté active de l'occupant" ... Retour sur les impressions ressenties par les différents acteurs lors de la conception, la réalisation et l'exploitation de l'immeuble de bureaux « Bonne Energie ».



Fruit d'une rencontre entre un promoteur exigeant, un architecte sensible et une ville volontaire, un immeuble de bureaux grenoblois se voudrait à énergie positive. Les nombreux capteurs disséminés dans le bâtiment diront s'il l'est réellement. En attendant que la première année d'occupation soit terminée, nous sommes allés visiter le bâtiment et rencontrer les protagonistes à l'origine de cette réalisation, lauréate Prébat et récompensée par plusieurs prix.
Implanté à l'entrée de la Zac de Bonne, coiffé de panneaux photovoltaïques et soutenu par des poteaux qui semblent sortir de terre tels des racines, évoquant ainsi l'utilisation de la nappe d'eau souterraine, le bâtiment répond à l'exigence de la ville de présenter une architecture pédagogique.
Assisté par le bureau d'études Enertech, la ville de Grenoble avait imposé un cahier des charges exigeant. Les projets devaient présenter des façades vitrées à 18% et un besoin de chauffage inférieur à 10 kWhep/m²/an. Directeur adjoint de la Sages, société d'économie mixte de la capitale des Alpes, Patrick Le Bihan se souvient qu'en 2006, suite à l'appel d'offres lancé par la ville, il eut peu de réponses et deux seulement qui "tenaient la route" : celle de Jaques et Michel Ferrier, architecte et promoteur et celle proposée par le promoteur PRD et les architectes Charon et Rampillon. Ces derniers, appuyés par le bureau d'études Addenda, ont été préférés et ont livré, début 2010, un bâtiment de 5 étages d'une surface hors œuvre nette de 1900 m ² dont les besoins de tous les postes (excepté le matériel utilisé par le cabinet médical occupant le rez-de-chaussée) sont estimés à moins de 60 kWhep/m²/an et la production photovoltaïque des panneaux du toit à 67kWhep/m²/an.

"Nous avons été confrontés au syndrome de l'Institut du monde arabe"
Afin de profiter de la lumière naturelle, la façade du bâtiment est finalement transparente à 22%. Mais, pour que les ouvertures n'engendrent pas trop de déperditions, l'équipe de maîtrise d'œuvre a prévu que les menuiseries soient équipées d'un « bouchon thermique », bloc isolant commandé électroniquement qui vient se loger la nuit, dans le cadre de la fenêtre. Chose peu courante dans le monde du bâtiment, ces menuiseries innovantes auront nécessité de faire appel à un bureau d'études spécialisé dans la mécanique. "Quand on innove, on se retrouve face à un tas de contraintes". Directeur général délégué du promoteur PRD, Eric Gagnière se rappelle qu'il a notamment fallu expliquer le dispositif au bureau de contrôle qui n'en avait jamais rencontré de similaires. Il y eut aussi le « syndrome de l'Institut du monde arabe », sentiment de méfiance vis-à-vis des dispositifs mécaniques qui trouve sa source dans les graves dysfonctionnements qu'ont connus les protections solaires installées sur le bâtiment culturel parisien. L'aménageur n'a été rassuré qu'après avoir vu fonctionner un prototype.

"C'est la première fois que je créais en occupant un bâtiment"
Eric Gagnière insiste sur le fait que l'opération a été développée sur fonds propres et lancée en blanc. Occupé aujourd'hui à 50%, on trouve au rez-de-chaussée un cabinet médical et plus haut les bureaux de l'agence Charon et Rampillon, architecte du projet. L'architecte Jean-Philippe Charon est aujourd'hui un utilisateur ravi. "L'usage du bâtiment nous permet de redécouvrir une citoyenneté active. Mon action individuelle sert l'objectif collectif". Concrètement, l'architecte relève par exemple les brise- soleil qui s'abaissent automatiquement pour protéger son bureau de l'éblouissement afin de faire profiter le bâtiment des apports solaires passifs.
Mais cette intervention de l'usager sur le bâti n'est pas toujours évidente et demande une évolution des comportements. En jetant un coup d'œil au thermomètre installé dans les bureaux de l'architecte, on lit 21°C, et non pas les 19° prévus pour réaliser les estimations des consommations. "Il faut que l'on maîtrise mieux les consignes". Jean-Philippe Charon sait que si le bâtiment est chauffé à 2° au-dessus de la température prévue, il a très peu de chances de réussir à présenter un bilan énergétique positif. Autre point sensible, en se déplaçant dans l'agence, on ne voit quasiment que des ordinateurs fixes nettement plus énergivores que des portables. "On va aller progressivement vers des portables". L'architecte sait aussi que l'énergie positive ne pourra pas être atteinte avec le matériel informatique actuel.
Très intéressé par l'importance que prend l'intervention de l'homme dans ces bâtiments à énergie positive, il voit se dessiner, à travers l'occupation de ses immeubles, une véritable question philosophique. Conscient de l'image négative que peuvent donner ces bâtiments compacts où les usagers ne peuvent pas ouvrir les fenêtres, il garde en mémoire le tag inscrit sur la façade de l'immeuble et stipulant : « Hqe carcéral ».
Si l'occupant est séduit par l'usage actif que permet le bâtiment, l'architecte est stimulé par la nouvelle façon de travailler qu'exigent ses bâtiments très performants. "La méthode de conception change, on ne peut plus concevoir comme il y a 20 ans, de manière successive : l'architecte, puis les bureaux d'études. Aujourd'hui, on conçoit en simultané, en dialoguant". Et côté chantier, Jean-Philippe Charon a le sentiment de retrouver la solidarité qu'il a connue quand il a commencé son activité et qui est indispensable à la réussite d'un tel projet.

"Pour cet immeuble, nous avons travaillé à l'envers"
Le promoteur et l'équipe de maîtrise d'œuvre ont d'abord regardé combien le terrain et l'orientation du bâtiment permettraient de produire d'électricité photovoltaïque, puis ils ont mis en place tous les dispositifs techniques nécessaires pour faire descendre les besoins. Le surinvestissement nécessaire aux dispositions mises en place pour atteindre cet objectif a été trop élevé pour se justifier financièrement par une diminution des charges. Les « bouchons thermiques » ont par exemple coûté 113 eurosHT/m² Shon.
Pour le promoteur PRD qui, jusqu'à ce projet, ne travaillait que sur des plateformes logistiques, ses futurs immeubles de bureaux respecteront une charte issue de cette expérience. Moins exigeante, elle obligera à ce que la consommation des 5 postes de la RT, sans la bureautique, soit inférieure à la production d'électricité photovoltaïque du bâtiment. Le surinvestissement nécessaire au respect de cette charte, qui se veut conforme à ce que pourrait être le futur label « Bepos », est estimé par le promoteur entre 5 et 10 %. Une somme qui peut paraître négligeable à côté du prix des terrains en Ile-de-France, principal marché du tertiaire, où le prix du foncier peut représenter le double de celui du prix de construction.
Cette charte baptisée « Bonne énergie » est aussi un bon moyen de séduire les collectivités. Elle pourra permettre au promoteur d'obtenir les terrains de communes cherchant à donner l'image d'une « ville verte ».

Pour la ville de Grenoble, la Zac de Bonne, "c'est déjà du passé". Le directeur adjoint de la Sem travaille maintenant sur la Zac de la presqu'île où de nouveaux sujets, comme la qualité de l'air ou la gestion des déchets, sont désormais mis en avant. D'autres défis devront aussi venir stimuler les architectes grenoblois. L'efficacité énergétique, sujet omniprésent dans les esprits des acteurs du bâtiment, laisse doucement émerger de nouvelles problématiques tout aussi importantes. Quand on demande à Jean- Philippe Charon si l'équipe de maîtrise d'œuvre s'est intéressée à l'énergie consommée pour la production des matériaux et la construction de « Bonne Energie », il répond par la négative à l'aide de l'adage suivant : "qui trop embrasse, mal étreint".




FOCUS
PROGRAMME
Shon : 1865 m2
Surface utile : 1599 m2 utile
Rendement (utile/shon) : 86 %



FOCUS
ACTEURS
Aménageur Ville de Grenoble
Maître d'ouvrage PRD
Architecte CHARON et RAMPILLON
Maître d'oeuvre HTC
Contrôle technique ALPES CONTROLES
Coordination SPS ALPES CONTROLES
BET Structure BE2T
BET fluides CHOULET
BET HQE ADDENDA
BET Géotechnique EGSOL
Gros-œuvre et terrassement ACQUADRO FAVIER
Forage SONDALP
spéciales E2F
métal TRADIBAT
Façade + isolation extérieure EUROFACADE
Etanchéité SMAC
Menuiseries extérieures BERRIAT BATIMENT
Vitrines - portes auto STEELGLASS
Serrurerie OUEST CONCEPT METAL
CVC et plomberie STREIFF
Electricité ROIRET
Photovoltaïque 2ES
Aménagt. des bureaux HTC
Ascenseur ACAF





FOCUS
FICHE D'IDENTITE DURABLE
Label :
Le bâtiment ne sera pas labélisé
Isolation :
Murs : voile béton + 20 cm de laine de verre haute densité
Toiture : 25 cm de laine de roche
Menuiserie triple vitrage, 6/16/4/16/8 avec gaz argon et cadre en bois, dont le Uw = 0,9 W/ (m2·K)
Consommations énergétiques estimées en simulation dynamique:
Pour le chauffage et la ventilation : 10 kWhep/m²Shon/an
ECS : 0 kWhep/m²Shon/an (l'eau chaude utilisée par le cabinet médical n'est pas prise en compte)
Auxiliaires : 5 kWhep/m²Shon/an
Eclairage : 7 kWhep/m²Shon/an
Bureautique et process (en prenant l'hypothèse que tous les ordinateurs sont des portables et sans prendre en compte le matériel médical) : 30 kWhep/m²Shon/an
Energie grise :
- pas prise en compte lors de la conception
Sources d'énergie :
PAC géothermique
Récupérateur de chaleur sur VMC double flux
380 m2 de panneaux photovoltaïques
Etanchéité à l'air :
Sous une dépression de 4 Pascals (débit de fuite "i4"), le taux de renouvellement de l'air ne dépasse pas 0,6 m3/h/m².
Eau de pluie :
- aucun système de récupération des eaux de pluie n'est prévu
Transport doux :
+ liaison de tramway à 100m et ligne de bus
+ garage pour10 vélos


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